MAISON DE L'ALLERGIE ET DE L'ENVIRONNEMENT
Etude - Conseil et Formation en santé de l'habitat

174, rue Consolat
13004 Marseille
Tel : 04 91 53 44 38
Fax : 04 91 53 32 05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Allergie - Animaux

Le chat
Les sources de l’allergène
Devenir des allergènes libérés (aérobiologie)
L’allergie au chat
Que proposer à l’allergique au chat ?

Le chien
Données chiffrées
Origine des allergènes du chien
Devenir des allergènes du chien
Comment l'allergie au chien se manifeste-t'elle?
Qui risque de devenir allergique au chien ?
Comment maîtriser l'allergie au chien
Références bibliographiques

Les blattes
Quelques données chiffrées
Mode de vie
Allergène de blattes
Facteurs de risque de l'allergie à la blatte
Rôle pathologique
Moyens de lutte

Le chat

Les sources de l’allergène

Contrairement à une idée reçue, la source principale de l’allergène majeur du chat Felis domesticus 1 ou Fel d’1 n’est pas la salive de l’animal mais sa peau par l’intermédiaire des glandes sébacées. Ces glandes ont avant tout pour fonction de lustrer le poil de l’animal en y déposant une substance grasse, le sébum. L’allergène est sécrété en même temps que le sébum et déposé sur le poil, à partir duquel il se dissémine dans l’air ambiant.
On trouve également des allergènes dans la salive de l’animal, sécrétés par les plantes salivaires, dans le sang et dans les urines.

Devenir des allergènes libérés (aérobiologie)

Les allergènes libérés dans l’air vont se coller sur des particules de poussière. La plupart se lient à des particules relativement lourdes qui ont tendance à se sédimenter rapidement au sol. Le tiers de ces particules a un petit calibre, ce qui les rend capable de rester longtemps en suspension dans l’air. Ce comportement aérobiologique particulier a pour conséquence que le traitement de l’air par filtration (épurateur) a un intérêt pour les patients allergiques au chat qui garde l’animal à leur domicile malgré leur allergie.
Les particules portant les allergènes vont se fixer sur les textiles (notamment matelas et surtout tapis et moquettes) qui jouent le rôle de réservoirs allergéniques. Cela explique la nécessité de les supprimer quand le chat reste au domicile de l’allergique. Quand le chat quitte définitivement le logement, ses allergènes persistent, pendant quelques mois sur un tapis ou une moquette, même quelques années sur un matelas (qu’il vaut donc mieux changer au départ de l’animal).
A noter que les particules de poussières sur lesquelles sont fixes les allergènes de chat peuvent être transportés d’un bocal à un autre par l’intermédiaire des vêtements. Par exemple, on retrouve ces allergènes dans les salles de classe à des taux d’autant plus élevés que nombre d’élèves ayant un chat à leur domicile est plus élevé.

L’allergie au chat

Elle se manifeste chez la personne sensibilisée vis-à-vis de cet allergène par de la rhinite (éternuement en série, mouchage clair, congestion du nez, démangeaison du nez), de la conjonctivite (démangeaisons des yeux et larmoiement), parfois de l’asthme. Ces symptômes surviennent rapidement au contact du chat.
Comme au l’a vu plus haut, un allergique au chat peut se trouver gêné dans un local où des allergènes de chat ont été apportés par les vêtements d’une personne ayant un chat à son domicile. Les personnes allergiques au chat sont d’autant plus génées quelles se trouvent plus souvent au contact de l’animal. Il n’y a pas de processus d’accoutumance.

Par contre, il y a débat sur le rôle de l’exposition aux allergènes de chat sur l’apparition de la rhinite ou de l’asthme allergique. Il semble que la présence d’un chat au domicile de nourrissons de famille non allergique ait plutôt tendance à protéger des maladies allergiques. Par contre, cet effet protecteur n’existerait pas pour les nourrissons nés de parents allergiques.

Que proposer à l’allergique au chat ?

- Les médicaments pour lutter contre la rhinite ou l’asthme sont les mêmes que dans les maladie allergique en relation avec d’autres allergènes.

- La désensibilisation vis-à-vis des allergènes du chat est peu pratiquée car d’une part l’éviction (le départ) de l’animal est la solution préférée quand elle est acceptée par la famille, d’autre part son efficacité n’a pas été clairement démontrée

- Les mesures portant sur l’environnement domestique sont importantes. Quand l’animal a quitté le logement, il faut essayer de retirer les tapis, moquettes et matelas qui jouent le rôle du réservoir d’allergène. Si la famille ne veut pas se séparer de l’animal, on a pu proposer de retirer les réservoirs d’allergène, de mettre en place des épurateurs d’air et de laver l’animal (pour le débarrasser de ses allergènes) une fois par semaine. Ces mesures coûteuse et contraignantes doivent encore faire la preuve de leur efficacité.

 

Le chien


Quelques données chiffrées


En France, un foyer sur 2 héberge un chat ou un chien. On y dénombre environ 7 millions de chiens et autant de chats. Pourtant, de manière indiscutable, l’allergie au chien est nettement moins fréquente que l’allergie au chat. Rendent compte de cette différence d’une part le fait que le chien est davantage que le chat un animal vivant à l’extérieur, donc ayant un contact moins proche avec l’Homme, d’autre part et surtout la moindre aggressivité des allergènes du chien vis-à-vis de l’espèce humaine.

Origine des allergènes du chien

On les retrouve à la fois sur le pelage de l’animal, venant des sécrétions des glandes sébacées de la peau, mais aussi dans le sang et dans les urines. Influencent la quantité d’allergène majeur de chien (can f 1), la race (les Labradors paraissent moins allergisants que les autres races, le sexe (les mâles sont plus allergisants que les femelles)et la présence d’eczéma qui augmente la quantité d’allergène recueillie sur la peau (1). Parmi les multiples allergènes du chien, aucun n’est spécifique d’une race donnée (2).On trouve par ailleurs une réaction croisée entre les allergènes de chat et de chien. La volatilité de cet allergène, comme celle de l’allergène majeur du chat, explique qu’il puisse être transporté par les vêtements et aller ainsi contaminer des locaux (appartements, salle de classe, salle d’attentes de cabinets médicaux !)(3,4) ou les sièges d’automobiles (5) où il n’y a pas de chiens . Le pelage du chien peut par ailleurs véhiculer des allergènes acariens, d’autant qu’il s’agit d’un chien à poils longs (6).

Devenir des allergènes du chien

Une fois libérés dans l’air ambiant, environ les 4/5 des allergènes s’accolent à des particules de poussière relativement lourdes et sédimentent au sol, sauf quand l’atmosphère est perturbée par un courant d’air ou le ménage. Le reste des allergènes, adsorbé sur des particules de diamètre beaucoup plus réduit, est capable de rester longtemps en suspension dans l’air et donc d’être inhalé par l’Homme (7).

Comment l’allergie au chien se manifeste-t-elle ?
Comme les autres allergies liées à la présence d’un allergène transporté par l’air, l’allergie au chien se traduit par une rhinite allergique (écoulement clairs « comme de l’eau », congestion nasale, éternuements en série, démangeaisons), parfois associée à une conjonctivite, parfois aussi à de l’asthme, se manifestant sous la forme de crises typiques ou d’une toux sèche persistante.
Par ailleurs, le contact de la peau avec la salive de l’animal peut provoquer, chez la personne allergique, des démangeaisons, parfois de l’urticaire. De ma même façon, le sujet allergique léché par le chien sur la main et qui se gratte ensuite l’œil peut être victime d’une conjonctivite.

Qui risque de devenir allergique au chien ?

Comme pour les autres allergènes transportés par l’air, le risque d’allergie tient avant au terrain génétique, appelé terrain « atopique ». Les personnes ayant ce terrain particulier ont tendance à devenir facilement allergique vis-à-vis de substances qui n’entraînent aucune réaction particulière chez des sujets non atopiques et que l’on a l’occasion de respirer dans la vie de tous les jours (c’est la cas des allergènes du chien, du chat, mais aussi des acariens de la poussière de maison ou des pollens). Chez les personnes ayant un terrain atopique, il semble que l’allergie est favorisée par le fait d’être en contact régulier avec l’animal. Par contre, des études récentes semble montrer que le contact du nourrisson dont la famille n’a pas de terrain atopique avec les animaux de compagnie a au contraire un effet préventif vis-à-vis non seulement de l’allergie à l’animal mais aussi de l’apparition de l’asthme en général.

Comment maîtriser l’allergie au chien ?

Comme toujours en allergologie, la meilleure solution est de ne plus être au contact de l’animal, soit en le donnant à un membre de sa famille ou un ami, soit, pour les personnes vivant dans une maison avec jardin, en le maintenant constamment à l’extérieur de la maison. Les allergologues savent par expérience que ces conseils de bon sens sont rarement suivis par la famille ! Certains allergologues pensent que le fait de shampouiner le chien 2 fois par semaine pourrait réduire la libération des allergènes dans l’air ambiant (8), mais il n’est pas démontré que l’allergie de ces personnes est alors améliorée.
En allergologue, un traitement, appelé désensibilisation, consiste à mettre en contact, soit par des injections, soit par des solutions d’allergènes placées sous la langue puis avalées, le sujet allergique avec l ‘allergène qu’il craint. En matière d’allergie au chien, ce traitement n’est pas habituellement appliqué car il n’a pas fait la preuve de son efficacité.


Références bibliographiques

1- Ramadour M, Guetat M, Guetat J, El Biaze M, Magnan A, Vervloet D. Dog factor differences in Canf 1 allergen production. Allergy 2005 ; 60 : 1060-1064.

2- Blands J, Lowenstein H, Weeke B. Characterization of extract of dog hair and dandruff from six different dog breeds by quantitative immunoelectrophoresis. Identification of allergens by crossed radioimmunoelectrophoresis. Acta Allergol 1977; 32: 147-169.

3- Custovic A, Green R, Taggart SC, Smith A, Pickering CA, Chapman MD, Woodcock A. Domestic Allergens In Public Spaces. II: DOG (CAN F 1) AND COCKROACH (BLA G 2) ALLERGENS IN DUST AND MITE, CAT , DOG AND COCKROACH ALLERGENS IN THE AIR IN PUBLIC BUILDINGS. CLIN EXP ALLERGY 1996; 26: 1246-1252

4- Custovic A, Fletcher A, Pickering CA, Francis HC, Green R, Smith A, Chapman M, Woodcock A. Domestic Allergens IN PUBLIC PLACES III: HOUSE DUST MITES, CAT, DOG AND COCKROACH ALLERGENS IN BRITISH HOSPITALS. CLIN EXP ALLERGY 1998; 28: 53-59.

5- NEAL JS, ARLIAN LG, MORGAN MS. RELATIONSHIP AMONG HOUSE-DUST MITES, DER P 1, FEL D 1, AND CAN F 1 ON CLOTHING AND AUTOMOBILE SEATS WITH RESPECT TO DENSITIES IN HOUSES. ANN ALLERGY ASTHMA IMMUNOL 2002; 88: 410-415.

6- Randall AJ, Hillier A, Cole LK, Kwochla KW, Needham G, Wassom DL. Quantitation of house dust mite allergens (Der f 1 and group 2) on the skin and hair of dogs. Am J Vet Res 2005; 66: 143-149

7- Custovic A, Green R, Fletcher A, Smith A, Anthony C, Pickering C, Chapman MD, Woodcock A. Aerodynamic properties of the major dog allergen can f 1: distribution in homes, concentration, and particle size of allergen in the air. Am J Respir Crit care Med 1997; 155: 94-98.

8- Gennaro L, Russo M, Barber D, Carreira J, D’Amato G. Washing the clothes of cat owers is a simple method to prevent cat allergen dispersal. J allergy clin Immunol 1998; 102: 143-144.

Les blattes
(appelées encore cafards ou cancrelats)

Quelques données chiffrées

Sur terre depuis 400 millions d’années, elles se répartissent en 4 à 5000 espèces répertoriées. Quatre espèces originaires d’Afrique de l’Ouest se retrouvent dans la plupart des villes de la planète : la blatte germanique (Blatella germanica), qui rend compte de 90% des infestations, la blatte orientale (Blatta orientalis), la blatte américaine ( Periplaneta americana ou Cucaracha) et Supella longipalpa ou blatte des meubles

Mode de vie

La blatte à une grande résistance dans des milieux de vie défavorables. Elle est omnivore et sa résistance au jeûne peut durer plusieurs semaines. Elle peut, à l’occasion, être cannibale. Une blatte vit 1 à 2 ans, laps de temps au cours duquel elle pond 300 œufs. Une seule blatte peut ainsi avoir 100.000 descendants au bout d’un an. Elle affectionne les locaux humides, chauds, sombres et pourvus de nourriture.

Allergènes de blattes

Plusieurs allergènes de blatte ont été identifiés. Les allergènes majeurs se nomment Bla g 1 et Bla g 2. Traditionnellement, ils se retrouvent essentiellement sur la carapace de l’insecte, mais une étude coréenne conclut à leur présence dans les excreta davantage que sur la carapace. Ces allergènes, comme ceux des acariens, sont portés par des particules de taille telle quelles sédimentent spontanément au sol, en l’absence de mouvement d’air .

Facteurs de risque de l’allergie à la blatte

Ils sont constitués par le terrain atopique et par l’exposition aux allergènes de blatte. Cette allergie est particulièrement importante dans les pays les plus infestés, comme les pays asiatiques et aussi dans les banlieues défavorisées des grandes métropoles américaines.

Rôle pathologique

Comme pour les autres allergènes, le rôle de l’exposition aux allergènes de blattes ne concerne que les personnes allergiques. Toutefois, le fait que les atopiques se trouvent en général sensibilisés vis-à-vis de plusieurs allergènes rend souvent difficile l’appréciation précise du rôle de cet allergène. Pour le faire, il faut procéder à des analyses statistiques complexes qui permettent de faire ressortir le rôle propre de chacun des allergènes. Dans ces conditions, l’exposition à l’allergène est effectivement un facteur de risque pour aggraver la maladie allergique des personnes sensibilisés. Le rôle de l’exposition à cet allergène est beaucoup plus évident chez les personnes qui ne sont allergiques qu’à la blatte. L’allergie à la blatte peut se traduire par une rhinite allergique ou de l’asthme.

Moyens de lutte

En dehors des médicaments, anti-allergiques et/ou anti-asthmatiques selon les cas, le traitement doit comprendre des mesures de désinsectisation. Les produits utilisés sont traditionnellement des insecticides, mais les blattes y sont souvent résistantes. La recherche s’oriente vers d’autres solutions, comme les phéromones, qualifiés d’insecticides de 4ème génération, permettant par exemple d’entraîner des comportements sexuels non prolifiques ou de provoquer des rassemblements plus faciles à exterminer. De part le Monde, de nombreuses équipes ont mis sur pied des programmes de contrôle des blattes dans les logements de patients qui y sont allergiques. Les résultats en sont assez discordants. Le point crucial est d’éduquer les résidents de manière à obtenir une bonne compréhension du programme.


Texte : Pr Denis CHARPIN,
Médecin des hôpitaux, Pneumo-allergologue,
Epidémiologiste et spécialiste en Santé Publique