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Habitat
- Risques biologiques - Animaux
Le
chat
Les sources de l’allergène
Devenir des allergènes libérés (aérobiologie)
L’allergie au chat
Que proposer à l’allergique au chat ?
Le
chien
Données chiffrées
Origine des allergènes du chien
Devenir des allergènes du chien
Comment l'allergie au chien se manifeste-t'elle?
Qui risque de devenir allergique au chien ?
Comment maîtriser l'allergie au chien
Références bibliographiques
Les
blattes
Quelques données chiffrées
Mode de vie
Allergène de blattes
Facteurs de risque de l'allergie à la blatte
Rôle pathologique
Moyens de lutte
Le
chat
Les
sources de l’allergène
Contrairement
à une idée reçue, la source principale de l’allergène
majeur du chat Felis domesticus 1 ou Fel d’1 n’est pas la
salive de l’animal mais sa peau par l’intermédiaire
des glandes sébacées. Ces glandes ont avant tout pour fonction
de lustrer le poil de l’animal en y déposant une substance
grasse, le sébum. L’allergène est sécrété
en même temps que le sébum et déposé sur le
poil, à partir duquel il se dissémine dans l’air ambiant.
On trouve également des allergènes dans la salive de l’animal,
sécrétés par les plantes salivaires, dans le sang
et dans les urines.
Devenir
des allergènes libérés (aérobiologie)
Les
allergènes libérés dans l’air vont se coller
sur des particules de poussière. La plupart se lient à des
particules relativement lourdes qui ont tendance à se sédimenter
rapidement au sol. Le tiers de ces particules a un petit calibre, ce qui
les rend capable de rester longtemps en suspension dans l’air. Ce
comportement aérobiologique particulier a pour conséquence
que le traitement de l’air par filtration (épurateur) a un
intérêt pour les patients allergiques au chat qui garde l’animal
à leur domicile malgré leur allergie.
Les particules portant les allergènes vont se fixer sur les textiles
(notamment matelas et surtout tapis et moquettes) qui jouent le rôle
de réservoirs allergéniques. Cela explique la nécessité
de les supprimer quand le chat reste au domicile de l’allergique.
Quand le chat quitte définitivement le logement, ses allergènes
persistent, pendant quelques mois sur un tapis ou une moquette, même
quelques années sur un matelas (qu’il vaut donc mieux changer
au départ de l’animal).
A noter que les particules de poussières sur lesquelles sont fixes
les allergènes de chat peuvent être transportés d’un
bocal à un autre par l’intermédiaire des vêtements.
Par exemple, on retrouve ces allergènes dans les salles de classe
à des taux d’autant plus élevés que nombre
d’élèves ayant un chat à leur domicile est
plus élevé.
L’allergie
au chat
Elle
se manifeste chez la personne sensibilisée vis-à-vis de
cet allergène par de la rhinite (éternuement en série,
mouchage clair, congestion du nez, démangeaison du nez), de la
conjonctivite (démangeaisons des yeux et larmoiement), parfois
de l’asthme. Ces symptômes surviennent rapidement au contact
du chat.
Comme au l’a vu plus haut, un allergique au chat peut se trouver
gêné dans un local où des allergènes de chat
ont été apportés par les vêtements d’une
personne ayant un chat à son domicile. Les personnes allergiques
au chat sont d’autant plus génées quelles se trouvent
plus souvent au contact de l’animal. Il n’y a pas de processus
d’accoutumance.
Par
contre, il y a débat sur le rôle de l’exposition aux
allergènes de chat sur l’apparition de la rhinite ou de l’asthme
allergique. Il semble que la présence d’un chat au domicile
de nourrissons de famille non allergique ait plutôt tendance à
protéger des maladies allergiques. Par contre, cet effet protecteur
n’existerait pas pour les nourrissons nés de parents allergiques.
Que
proposer à l’allergique au chat ?
-
Les médicaments pour lutter contre la rhinite
ou l’asthme sont les mêmes que dans les maladie allergique
en relation avec d’autres allergènes.
- La désensibilisation vis-à-vis des allergènes
du chat est peu pratiquée car d’une part l’éviction
(le départ) de l’animal est la solution préférée
quand elle est acceptée par la famille, d’autre part son
efficacité n’a pas été clairement démontrée
- Les mesures portant sur l’environnement domestique sont importantes.
Quand l’animal a quitté le logement, il faut essayer de
retirer les tapis, moquettes et matelas qui jouent le rôle
du réservoir d’allergène. Si la famille ne veut
pas se séparer de l’animal, on a pu proposer de retirer
les réservoirs d’allergène, de mettre en
place des épurateurs d’air et de laver
l’animal (pour le débarrasser de ses allergènes)
une fois par semaine. Ces mesures coûteuse et contraignantes doivent
encore faire la preuve de leur efficacité.
Le
chien
Quelques données chiffrées
En France, un foyer sur 2 héberge un chat ou un chien. On y dénombre
environ 7 millions de chiens et autant de chats. Pourtant, de manière
indiscutable, l’allergie au chien est nettement moins fréquente
que l’allergie au chat. Rendent compte de cette différence
d’une part le fait que le chien est davantage que le chat un animal
vivant à l’extérieur, donc ayant un contact moins
proche avec l’Homme, d’autre part et surtout la moindre aggressivité
des allergènes du chien vis-à-vis de l’espèce
humaine.
Origine
des allergènes du chien
On les retrouve à la fois sur le pelage de l’animal, venant
des sécrétions des glandes sébacées de la
peau, mais aussi dans le sang et dans les urines. Influencent la quantité
d’allergène majeur de chien (can f 1), la race (les Labradors
paraissent moins allergisants que les autres races, le sexe (les mâles
sont plus allergisants que les femelles)et la présence d’eczéma
qui augmente la quantité d’allergène recueillie sur
la peau (1). Parmi les multiples allergènes du chien, aucun n’est
spécifique d’une race donnée (2).On trouve par ailleurs
une réaction croisée entre les allergènes de chat
et de chien. La volatilité de cet allergène, comme celle
de l’allergène majeur du chat, explique qu’il puisse
être transporté par les vêtements et aller ainsi contaminer
des locaux (appartements, salle de classe, salle d’attentes de cabinets
médicaux !)(3,4) ou les sièges d’automobiles (5) où
il n’y a pas de chiens . Le pelage du chien peut par ailleurs véhiculer
des allergènes acariens, d’autant qu’il s’agit
d’un chien à poils longs (6).
Devenir
des allergènes du chien
Une fois libérés dans l’air ambiant, environ les 4/5
des allergènes s’accolent à des particules de poussière
relativement lourdes et sédimentent au sol, sauf quand l’atmosphère
est perturbée par un courant d’air ou le ménage. Le
reste des allergènes, adsorbé sur des particules de diamètre
beaucoup plus réduit, est capable de rester longtemps en suspension
dans l’air et donc d’être inhalé par l’Homme
(7).
Comment
l’allergie au chien se manifeste-t-elle ?
Comme les autres allergies liées à la présence d’un
allergène transporté par l’air, l’allergie au
chien se traduit par une rhinite allergique (écoulement clairs
« comme de l’eau », congestion nasale, éternuements
en série, démangeaisons), parfois associée à
une conjonctivite, parfois aussi à de l’asthme, se manifestant
sous la forme de crises typiques ou d’une toux sèche persistante.
Par ailleurs, le contact de la peau avec la salive de l’animal peut
provoquer, chez la personne allergique, des démangeaisons, parfois
de l’urticaire. De ma même façon, le sujet allergique
léché par le chien sur la main et qui se gratte ensuite
l’œil peut être victime d’une conjonctivite.
Qui
risque de devenir allergique au chien ?
Comme pour les autres allergènes transportés par l’air,
le risque d’allergie tient avant au terrain génétique,
appelé terrain « atopique ». Les personnes ayant ce
terrain particulier ont tendance à devenir facilement allergique
vis-à-vis de substances qui n’entraînent aucune réaction
particulière chez des sujets non atopiques et que l’on a
l’occasion de respirer dans la vie de tous les jours (c’est
la cas des allergènes du chien, du chat, mais aussi des acariens
de la poussière de maison ou des pollens). Chez les personnes ayant
un terrain atopique, il semble que l’allergie est favorisée
par le fait d’être en contact régulier avec l’animal.
Par contre, des études récentes semble montrer que le contact
du nourrisson dont la famille n’a pas de terrain atopique avec les
animaux de compagnie a au contraire un effet préventif vis-à-vis
non seulement de l’allergie à l’animal mais aussi de
l’apparition de l’asthme en général.
Comment
maîtriser l’allergie au chien ?
Comme toujours en allergologie, la meilleure solution est de ne plus être
au contact de l’animal, soit en le donnant à un membre de
sa famille ou un ami, soit, pour les personnes vivant dans une maison
avec jardin, en le maintenant constamment à l’extérieur
de la maison. Les allergologues savent par expérience que ces conseils
de bon sens sont rarement suivis par la famille ! Certains allergologues
pensent que le fait de shampouiner le chien 2 fois par semaine pourrait
réduire la libération des allergènes dans l’air
ambiant (8), mais il n’est pas démontré que l’allergie
de ces personnes est alors améliorée.
En allergologue, un traitement, appelé désensibilisation,
consiste à mettre en contact, soit par des injections, soit par
des solutions d’allergènes placées sous la langue
puis avalées, le sujet allergique avec l ‘allergène
qu’il craint. En matière d’allergie au chien, ce traitement
n’est pas habituellement appliqué car il n’a pas fait
la preuve de son efficacité.
Références bibliographiques
1- Ramadour M, Guetat M, Guetat J, El Biaze M, Magnan
A, Vervloet D. Dog factor differences in Canf 1 allergen production.
Allergy 2005 ; 60 : 1060-1064.
2- Blands J, Lowenstein H, Weeke B. Characterization
of extract of dog hair and dandruff from six different dog breeds by
quantitative immunoelectrophoresis. Identification of allergens
by crossed radioimmunoelectrophoresis. Acta Allergol 1977; 32: 147-169.
3- Custovic A, Green R, Taggart SC, Smith A, Pickering
CA, Chapman MD, Woodcock A. DOMESTIC ALLERGENS IN PUBLIC PLACES. II:
DOG (CAN F 1) AND COCKROACH (BLA G 2) ALLERGENS IN DUST AND MITE, CAT
, DOG AND COCKROACH ALLERGENS IN THE AIR IN PUBLIC BUILDINGS. CLIN EXP
ALLERGY 1996; 26: 1246-1252
4- Custovic A, Fletcher A, Pickering CA, Francis HC,
Green R, Smith A, Chapman M, Woodcock A. DOMESTIC ALLERGENS IN PUBLIC
PLACES III: HOUSE DUST MITES, CAT, DOG AND COCKROACH ALLERGENS IN BRITISH
HOSPITALS. CLIN EXP ALLERGY 1998; 28: 53-59.
5- NEAL JS, ARLIAN LG, MORGAN MS. RELATIONSHIP AMONG
HOUSE-DUST MITES, DER P 1, FEL D 1, AND CAN F 1 ON CLOTHING AND AUTOMOBILE
SEATS WITH RESPECT TO DENSITIES IN HOUSES. ANN ALLERGY ASTHMA IMMUNOL
2002; 88: 410-415.
6- Randall AJ, Hillier A, Cole LK, Kwochla KW, Needham
G, Wassom DL. Quantitation of house dust mite allergens (Der f 1 and
group 2) on the skin and hair of dogs. Am J Vet Res 2005; 66: 143-149
7- Custovic A, Green R, Fletcher A, Smith A, Anthony
C, Pickering C, Chapman MD, Woodcock A. Aerodynamic properties of the
major dog allergen can f 1: distribution in homes, concentration, and
particle size of allergen in the air. Am J Respir Crit care Med 1997;
155: 94-98.
8- Gennaro L, Russo M, Barber D, Carreira J, D’Amato
G. Washing the clothes of cat owers is a simple method to prevent cat
allergen dispersal. J allergy clin Immunol 1998; 102: 143-144.
Les
blattes
(appelées encore cafards ou cancrelats)
Quelques
données chiffrées
Sur terre depuis 400 millions d’années, elles se répartissent
en 4 à 5000 espèces répertoriées. Quatre espèces
originaires d’Afrique de l’Ouest se retrouvent dans la plupart
des villes de la planète : la blatte germanique (Blatella germanica),
qui rend compte de 90% des infestations, la blatte orientale (Blatta orientalis),
la blatte américaine ( Periplaneta americana ou Cucaracha) et Supella
longipalpa ou blatte des meubles
Mode
de vie
La blatte à une grande résistance dans des milieux de vie
défavorables. Elle est omnivore et sa résistance au jeûne
peut durer plusieurs semaines. Elle peut, à l’occasion, être
cannibale. Une blatte vit 1 à 2 ans, laps de temps au cours duquel
elle pond 300 œufs. Une seule blatte peut ainsi avoir 100.000 descendants
au bout d’un an. Elle affectionne les locaux humides, chauds, sombres
et pourvus de nourriture.
Allergènes de blattes
Plusieurs allergènes de blatte ont été identifiés.
Les allergènes majeurs se nomment Bla g 1 et Bla g 2. Traditionnellement,
ils se retrouvent essentiellement sur la carapace de l’insecte,
mais une étude coréenne conclut à leur présence
dans les excreta davantage que sur la carapace. Ces allergènes,
comme ceux des acariens, sont portés par des particules de taille
telle quelles sédimentent spontanément au sol, en l’absence
de mouvement d’air .
Facteurs
de risque de l’allergie à la blatte
Ils sont constitués par le terrain atopique et par l’exposition
aux allergènes de blatte. Cette allergie est particulièrement
importante dans les pays les plus infestés, comme les pays asiatiques
et aussi dans les banlieues défavorisées des grandes métropoles
américaines.
Rôle
pathologique
Comme pour les autres allergènes, le rôle de l’exposition
aux allergènes de blattes ne concerne que les personnes allergiques.
Toutefois, le fait que les atopiques se trouvent en général
sensibilisés vis-à-vis de plusieurs allergènes rend
souvent difficile l’appréciation précise du rôle
de cet allergène. Pour le faire, il faut procéder à
des analyses statistiques complexes qui permettent de faire ressortir
le rôle propre de chacun des allergènes. Dans ces conditions,
l’exposition à l’allergène est effectivement
un facteur de risque pour aggraver la maladie allergique des personnes
sensibilisés. Le rôle de l’exposition à cet
allergène est beaucoup plus évident chez les personnes qui
ne sont allergiques qu’à la blatte. L’allergie à
la blatte peut se traduire par une rhinite allergique ou de l’asthme.
Moyens
de lutte
En dehors des médicaments, anti-allergiques et/ou anti-asthmatiques
selon les cas, le traitement doit comprendre des mesures de désinsectisation.
Les produits utilisés sont traditionnellement des insecticides,
mais les blattes y sont souvent résistantes. La recherche s’oriente
vers d’autres solutions, comme les phéromones, qualifiés
d’insecticides de 4ème génération, permettant
par exemple d’entraîner des comportements sexuels non prolifiques
ou de provoquer des rassemblements plus faciles à exterminer. De
part le Monde, de nombreuses équipes ont mis sur pied des programmes
de contrôle des blattes dans les logements de patients qui y sont
allergiques. Les résultats en sont assez discordants. Le point
crucial est d’éduquer les résidents de manière
à obtenir une bonne compréhension du programme.
Texte
: Pr Denis CHARPIN,
Médecin des hôpitaux, Pneumo-allergologue,
Epidémiologiste et spécialiste en Santé Publique
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