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Habitat - Risques biologiques - Acariens

Les Acariens du logement

Sources de l’aero-contaminant
Comportement des allergènes acariens dans l’air ambiant (aérobiologie)
Relations avec la santé
Eviction des acariens

Sources de l’aero-contaminant

La dangerosité des acariens de la poussière de maison tient avant tout aux allergènes qu’ils renferment et qu’ils émettent. Ces allergènes se trouvent essentiellement dans leurs déjections, également mais en quantité moindre sur la carapace de l’animal. Cet état de fait a une conséquence importante : la destruction des acariens par l’intermédiaire d’un produit chimique (« acaricide ») n’a pas d’effet immédiat sur la teneur en allergène de la poussière de maison.

Plus récemment, on a établi que les acariens de la poussière de maison émettent dans le milieu ambiant, également par l’intermédiaire de leurs déjections, des enzymes pouvant avoir une action irritative y compris chez les sujets normaux.

La prolifération des acariens dans l’habitat est sous la dépendance de quatre conditions environnementale :
La température (optimale : 20 à 25 °C)
L’hygrométrie ambiante (optimale : 70% à 85%)
La présence de nutriments (notamment les fragments de la peau humaine desquamée – les « pellicules »)
L’obscurité.

Comportement des allergènes acariens dans l’air ambiant (aérobiologie)

Les crottes émises par les acariens et la carapace de l’acarien mort se délitent en poussières fines, dont les particules s’absorbent sur la poussière. Quand l’air d’une pièce n’est pas mise en mouvement, ces particules ont tendance à sédimenter et à se déposer sur le sol. Au contraire, lorsqu’on fait le ménage à sec, ces particules sont mises en suspension dans l’air et peuvent pénétrer dans les voies respiratoires. Cet état de fait a deux conséquences pratiques. La première est que l’utilisation d’appareils épurateurs d’air a peu d’intérêt dans la stratégie d’éviction des allergènes acariens. La deuxième est que la personne allergique aux allergènes d’acariens peut être gêné en faisant le ménage.
Si elle utilise un aspirateur, elle devra prendre 2 précautions : la première est d’utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA (Haute Efficacité pour les Particules Atmosphériques) qui arrête les particules les plus fines, la seconde est d’avoir un appareil dont le flux aérien expulsé n’est pas dirigé horizontalement (risque de remettre les poussières en suspension) mais verticalement vers le haut.

Relations avec la santé

L’exposition aux allergènes acariens favorise indiscutablement le phénomène de « sensibilisation » allergique, que l’on pourra mettre en évidence par la pratique de test allergique sur la peau ou par la mise en évidence d’anticorps particuliers, les immunoglobulines E (« IgE ») dans le sang.

L’exposition aux allergènes acariens est reconnue comme pouvant induire une poussée chez la personne ayant déjà une maladie allergique respiratoire, rhinite et/ou asthme.

En revanche, la question de savoir si l’exposition aux allergènes acariens favorise l’apparition des maladies allergiques respiratoire, rhinites ou asthme, n’est pas encore tranchée. Il s’agit pourtant d’un question d’une importance pratique fondamentale puisqu’elle conditionne l’intérêt (ou l’absence d’intérêt) des mesures d’éviction des acariens dans un logement pour éviter ces maladies chez un jeune enfant dont les parents en sont eux même affectés.

Eviction des acariens

Elle répond à plusieurs principes :

• Elle doit être globale dans un logement car la persistance d’une source minime d’allergènes d’acariens est capable d’entretenir la maladie allergique.
• Elle doit être supervisée par le déplacement au domicile d’un conseiller habitat et santé formé pour identifier les différents risques de l’habitat et les méthodes pour y remédier.
• Dans ces conditions, elle fait la preuve de son efficacité, à la fois sur l’environnement domestique (en réduisant l’exposition aux allergènes acariens) et sur l’état de santé du patient allergique.

Elle comporte les mesures suivantes :

Retrait des « ramasse-poussière », notamment les tapis et moquettes contaminés (test Acarex ? positif ou fortement positif), les peluches et les sommiers tapissiers.
Lavage de la literie (draps et couvertures) à 60°C. Les couvertures en laine, plus fragiles, pourront faire l’objet d’un nettoyage à sec).
Pose d’une housse anti-acariens (jouant le rôle de barrière physique vis-à-vis des allergènes acariens) à la fois autour du matelas, de l’oreiller et éventuellement de la couette.
• Pour empêcher à terme la réapparition des colonies d’acariens, il faut maintenir une hygrométrie basse dans le logement en supprimant les défauts éventuels liés au bâti (remontées capillaires, infiltration d’eau) et n assurant une évacuation régulière vers l’air extérieur de la vapeur d’eau produite par les occupants (l’air expiré est saturé de vapeur d’eau) et leurs activités ménagères (bains, douches, cuisine, lavage et essorage du linge …). Cette évacuation peut être naturelle (aération par portes et fenêtres, bouches d’aération) ou mécanique (aération placé dans la cuisine, la salle de bain ou l’ensemble du logement-ventilation mécanique contrôlée)

Texte : Pr Denis CHARPIN,
Médecin des hôpitaux, Pneumo-allergologue,
Epidémiologiste et spécialiste en Santé Publique